Cinq siècles et demi d’histoire : Tapis et salons du XIXe – Cité internationale de la tapisserie Aubusson

L’histoire de la tapisserie dans la région contribue au « mythe Aubusson » : l’origine de l’implantation de la tapisserie à Aubusson et Felletin se perd dans les légendes.

Certains auteurs attribuent son établissement dans la région à des tanneurs, tapissiers et teinturiers sarrasins qui se seraient installés sur les bords de la Creuse après leur défaite à Poitiers en 732.

D’autres émettent l’hypothèse d’un développement lié au mariage de Louis Ier de Bourbon, alors comte de la Marche, avec la Flamande Marie de Hainaut. Notant l’importance des élevages de moutons et la qualité acide de l’eau, idéale pour dégraisser la laine et alimenter les teintures, ils auraient incité des tapissiers flamands à venir s’installer en Creuse. L’histoire de cette production semble en tout cas se rattacher au développement de plusieurs activités artisanales dans le Massif central (coutellerie, papeterie, armurerie, soierie et un peu plus tard dentelle), dès la fin du XVe siècle. Les lissiers pratiquent ainsi l’art de la tapisserie dans la région d’Aubusson-Felletin depuis près de six siècles.

Tapis et salons du XIXe

Le XIXe siècle est marqué par l’émergence de grandes manufactures, dirigées par des capitaines d’industrie. La décoration intérieure prend de l’importance dans les expositions des produits de l’industrie puis aux expositions universelles, au cours desquelles les manufactures présentent leurs plus belles réalisations.

La tapisserie du XIXe siècle se caractérise par le développement de la production de tapis ras et d’éléments de mobilier. Des tapisseries d’usages variés sont produites mais les motifs décoratifs sont en général très conventionnels. Concurrencée par l’essor du papier peint – la première manufacture de papier peint est créée par Jean Baptiste Réveillon (1723-1811) –, dont les compositions panoramiques ont un franc succès dans les expositions industrielles, la production de grandes tapisseries murales narratives chute. Les lissiers orientent alors leur travail vers la réalisation de tapis ras (sur métiers de basse lisse) ou de tapis de savonnerie (sur métiers de haute lisse). Aubusson devient célèbre pour ses tapis “ras ou veloutés”. Les manufactures sont désormais les premiers employeurs de la ville : Braquenié, Hamot, Sallandrouze… Au début de la décennie 1860, 2220 ouvriers sont occupés à la production de tapis à Aubusson.

Éclipsée par les nombreuses commandes publiques et privées de tapis, de couvertures de chaises, fauteuils, canapés mais aussi de cantonnières et de portières, la tapisserie murale ne disparaît pas pour autant. La production se transforme, elle se caractérise par la réalisation d’ensembles richement ornés, destinés à la décoration intérieure. La création de l’École Nationale d’Arts Décoratifs d’Aubusson en 1884, la seule avec celles de Paris et de Limoges à l’époque, marque un nouvel essor. Des recherches et des expérimentations sur des décors adaptés aux goûts de l’époque sont menées, notamment sous l’impulsion des directeurs successifs.

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