Des perles en verre Danoises de l’Age du Bronze proviendraient d’Égypte

Une collaboration internationale entre le Musée Moesgaard d’Aarhus, le Musée National du Danemark à Copenhague et l’Institut de Recherche sur les Archéomatériaux (IRAMAT) d’Orléans, a permis une découverte sensationnelle: des routes commerciales entre le Danemark et les anciennes civilisations en Egypte et Mésopotamie au cours de l’âge du Bronze il y a 3400 ans

(La femme du site Ølby mis au jour en 1880 par Sophus Müller. Près du bras gauche de la femme, une perle de verre bleu (d’Egypte), deux perles d’ambre, et deux petites spirales en bronze. )

Cette découverte nous apporte aussi une nouvelle compréhension concernant le culte du soleil Nordique à l’Age du Bronze.

Les archéologues, Jeanette Varberg, du Musée Moesgaard, Flemming Kaul du Musée National et Bernard Gratuze, directeur de l’IRAMAT, ont analysé la composition de perles de verre bleu trouvées dans la sépulture d’une femme, datant de l’Âge du Bronze au Danemark.

Les analyses ont révélé que le verre était originaire des mêmes ateliers, en Egypte, qui avaient fourni le verre pour la tombe du Pharaon Toutankhamon en 1323 avant JC !

La globalisation à l’Age du Bronze

Vingt-trois perles en verre du Danemark ont ainsi été analysées avec un spectromètre à plasma . Sans avoir à détruire ses perles fragiles, cette technique permet de comparer la composition chimique des traces d’éléments dans les perles avec des matériaux de référence d’Amarna en Egypte et de Nippur en Mésopotamie (à environ 50km au sud de Bagdad en Irak).

La comparaison a montré que les compositions chimiques des deux ensembles de traces d’éléments correspondaient.

Le premier objet étudié par les chercheurs était une perle provenant de la tombe d’une femme fortunée à Ølby, à environ 40km au sud de Copenhague. La femme avait été enterrée d’une façon assez extravagante, reposant dans le tronc évidé d’un chêne et portant une remarquable boucle de ceinture, une jupe de cordelettes avec des petits tubes de bronze brillant et tintant, un bracelet en perles d’ambre, et une seule bille de verre bleue.

La bille en verre s’est avéré être égyptienne. C’est la première fois que du verre de cobalt Egyptien est trouvé en dehors de la région Méditerranéenne.

Les archéologues peuvent ainsi confirmer l’existence d’un lien entre les perles d’ambre et celles en verre. En effet, on sait depuis longtemps que l’ambre était exporté, à l’Âge du Bronze, des latitudes Nordiques vers le sud. Toutankhamon et d’autres pharaons Egyptiens avaient de grandes chaines en ambre dans des boites dans leur chambre funéraire.

Les chercheurs sont entrain de relier l’ambre et le verre d’une manière inattendue: les cultes du soleil Nordiques et Egyptiens échangeaient donc des marchandises…

Une des propriétés commune au verre et à l’ambre est le fait que la lumière du soleil puisse les traverser. Il apparait que les perles de verre et d’ambre ont été trouvées ensemble sur des sites au Moyen Orient, en Turquie, en Grèce, en Italie et en Allemagne et ce jusqu’aux latitudes Nordiques.

Les archéologues pensent que cela serait la preuve d’un lien entre le culte du soleil Egyptien et le culte du soleil Nordique.
Lorsqu’une femme Danoise de l’Age du Bronze emporte un bijou fait en ambre et en verre bleu avec elle dans sa tombe, c’est comme une prière faite au soleil pour être réunie avec lui et partager son destin avec le voyage éternel du soleil.

L’ancienne route de l’ambre vers les pays de la Méditerranée a donc une contrepartie: la route du verre vers le Nord.

Jusqu’à présent, les chercheurs ont montré qu’il y avait des relations commerciales vers l’Egypte et la Mésopotamie entre 1400 et 1100 avant JC. Savoir si cette route a continué à l’Age du Bronze tardif est la prochaine étape pour cette équipe Franco-Danoise.

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