Les principaux enseignements : Les Français et l’Histoire – BVA

85% des Français se déclarent intéressés par l’Histoire (dont 40% tout à fait intéressés), un intérêt très
marqué qui varie selon l’âge, le genre et la catégorie sociale des individus.
Les personnalités historiques masculines françaises qui ont le plus marqué l’Histoire de France :
le Général de Gaulle (1er), Napoléon Ier (2ème) et Louis XIV (3ème).
Les personnalités historiques féminines françaises qui ont le plus marqué l’Histoire de France :
Marie Curie (1ère), Simone Veil (2ème) et Jeanne d’Arc (3ème).
Les évènements des 30 dernières années qui ont le plus marqué les Français : les attentats
du 11 septembre 2001 (1er), la chute du mur de Berlin (2ème) et les attentats de janvier et novembre
2015 à Paris (3ème).
Les principaux moyens pour entretenir la mémoire des grands évènements de l’Histoire de France :
1. Les cours d’Histoire à l’école (81%)
2. Les lieux de mémoire (61%)
3. Les reportages et films à la télévision (58%)
4. La transmission de l’histoire familiale (38%)
L’Histoire à l’école, une discipline appréciée par les trois-quarts des Français (76%), mais pas assez
enseignée selon eux, notamment en primaire (54%) et au lycée (54%).

Analyse détaillée

Alors que l’Europe célèbre le centenaire de la bataille de Verdun, BVA a réalisé pour la Presse régionale, à l’occasion de la 2ème vague de l’année 2016 du « Baromètre de la vie quotidienne des Français », un grand sondage sur les Français et l’Histoire.

L’Histoire, une passion française

Premier grand enseignement de ce sondage, près de 9 Français sur 10 déclarent s’intéresser à l’Histoire (85%), 40% estimant même être tout à fait intéressés par cette discipline.
• Dans le détail, les hommes (88%) déclarent plus que les femmes (83%) un intérêt pour l’Histoire, tout comme les retraités (89%) et les cadres (87% contre 79% des employés et ouvriers). Par ailleurs cet intérêt croît avec l’âge, passant de 79% chez les 18-34 ans, à 86% pour les 35-64 ans et atteignant 91% auprès des 65 ans et plus.
Les Français déclarant s’intéresser à l’Histoire le font très majoritairement via des documentaires (80%), mais plus de 6 sur 10 citent également les visites de musées ou de lieux historiques (65%) et la lecture de livres ou magazines (61%). Une minorité regarde des films ou séries TV (45%) ou
effectuent des recherches sur Internet (41%).
• A noter que les 65 ans et plus citent d’abord la lecture de livres ou magazines (75%), avant les documentaires (73%), et que les 35-64 ans sont près de la moitié à regarder des films ou séries TV (48%). Par ailleurs, les femmes s’intéressant à l’Histoire déclarent davantage visiter des musées ou lieux historiques (69% contre 61% des hommes) alors que les hommes effectuent davantage de recherches sur Internet (46% contre 36% de femmes).

Le Général de Gaulle et Marie Curie, personnalités ayant le plus marqué l’Histoire de France

Le Général de Gaulle domine le classement des personnalités historiques masculines françaises ayant le plus marqué l’Histoire du pays, cité par 59,3% des Français. Le podium est complété par deux autres dirigeants, Napoléon Ier (45,2%) et Louis XIV (30,3%).
Il demeure néanmoins intéressant de souligner que les 4ème et 5ème positions sont occupées par un scientifique, Louis Pasteur (23,3% des citations) et une figure de la société civile, l’Abbé Pierre (16,1%). On trouve également dans les personnalités citées par plus de 10% des Français un empereur (Charlemagne, 6ème, 14,5%), un écrivain (Victor Hugo, 7ème, 13,9%), un homme politique (Jean Jaurès, 8ème, 13,2%) et un Résistant (Jean Moulin, 9ème, 10,8%).
Du côté des personnalités historiques féminines françaises ayant le plus marqué l’Histoire de France, la première place est occupée par une scientifique, détentrice de deux prix Nobel (de physique en 1903 et de chimie en 1911), Marie Curie (59,8% des citations). Elle est talonnée par Simone Veil (59,2%), dont l’empreinte sur la société, par la promulgation de la loi sur l’IVG en 1975 notamment, est ici soulignée. Le podium est complété par Jeanne d’Arc, citée par 48,6% des Français.
De manière moins prononcée, sont également citées par plus de 10% des Français la Résistante Lucie Aubrac (14,5%), la régente Catherine de Médicis (13,6%), la reine Marie Antoinette (11,9%), la chanteuse Edith Piaf (10,4%) et la révolutionnaire Louise Michel (10,1%).

• Notons quelques différences dans le haut de ce classement selon le genre et la région de résidence. Les femmes citent en premier lieu Simone Veil (65% des citations) alors que les hommes placent Jeanne d’Arc en 1ère position de ce classement (56,1% des citations). Celle qui s’est distinguée au siège d’Orléans est également citée en 1ère position par les habitants de la région Centre (Jeanne d’Arc : 68,8% des
citations).

Les Français attirés par les Années folles

Sans conteste, les Années folles semblent attirer les Français. S’ils en avaient la possibilité, 44,7% d’entre eux déclarent qu’ils préfèreraient vivre à cette époque s’ils avaient une machine à remonter le temps, après le premier conflit mondial et avant la crise économique des années 30. Est citée ensuite la Belle Epoque (15,1%), avant la Renaissance (7,6% des citations) et le Grand Siècle (7,2%).
• Notons que si les Années folles et la Belle Epoque dominent ce classement quels que soit l’âge, le genre ou la région de résidence des interviewés, la Renaissance est en 3ème position chez les 65 ans et plus, les femmes et les habitants des régions Normandie, Île-de-France et Rhône-Alpes-Auvergne. Autre particularité, l’Antiquité, positionnée 5ème dans le classement auprès de l’ensemble des Français (5,9%) occupe la 3ème place chez les hommes, les 35-64 ans et les habitants de la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.
Enfin, la Révolution française (5,5% des citations, 6ème positon mais 3ème en Bretagne et Nord-Pas-de-Calais-Picardie), le Moyen-Âge (4,9% en 7ème position mais 3ème en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées et PACA), le Premier Empire (8ème position à 3,2%) et la Préhistoire (9ème position à 2,2%) clôturent ce classement.

Les grands évènements des 30 dernières années : 11 septembre 2001 et chute du mur de Berlin

Pour les Français, les évènements les plus marquants des 30 dernières années sont les attentats du 11 septembre 2001 à New York (54,7% des citations), devant la chute du mur de Berlin (49%, 2ème) et les attentats de Paris de janvier et novembre 2015 (37,9%, 3ème).
• Ce trio de tête est le même selon le genre et l’âge des Français, avec quelques différences de génération : les 65 ans et plus ont davantage cité la chute du mur de Berlin (61,6%, en 1ère position) alors que les moins de 35 ans placent cet évènement en 3ème position, derrière les attentats de Paris (40,1% des citations).
Deux évènements franco-français ont été cités par plus de 10% des répondants : la victoire de la France à la coupe du monde de football en 1998 (6ème place, 14,3% des citations) et la qualification de Jean-Marie Le Pen au 2nd tour de la présidentielle de 2002 (8ème position, 12,5%). Trois catastrophes ont également été citées par plus de 10% des répondants, d’ordre technologique (l’explosion de Tchernobyl, 4ème position, 19,8% des citations), climatique (le tsunami de 2004 en Indonésie, 7ème position, 13,9%) et économique (la crise des subrpimes de 2008, 10ème position, 10,1%). Enfin, deux évènements internationaux complètent ce top 10, l’élection de Barack Obama en 2008 (5ème position, 15,8%) et la libération de Nelson Mandela (9ème position, 10,8%).

La Révolution de 1789 et la Vème République, une bonne chose pour 9 Français sur 10

87% des Français jugent que la Révolution de 1789 à été une bonne chose pour la France, 46% jugeant même que ça a été une très bonne chose. Une proportion équivalente estime également que la proclamation de la Vème République a été une bonne chose pour le pays (86%).

Par ailleurs, les trois-quarts des Français déclarent que les évènements de Mai 68 ont été une bonne chose (76%), dont 26% une très bonne chose, quand un peu plus de 2 Français sur 10 estiment que ces évènements ont été une mauvaise chose pour le pays (22%).

• Des différances importantes en termes de genre, de générations et de proximité partisane sont à noter. Les femmes (80%) considèrent plus que les hommes (73%) que les évènements de Mai 68 ont été une bonne chose, tout comme les 18-34 ans (82%) et les 35-64 ans (80%) quand les 65 ans et plus (61%) semblent plus partagés. Sans surprise, la quasi-totalité des sympathisants de la gauche voient les évènements de Mai 68 comme une bonne chose (95%) contre seulement 6 sympathisants de la droite et du FN sur 10 (62%).

Enfin, l’opinion est un peu plus partagée quand aux bienfaits de l’entrée de la France dans l’Union Européenne : si les deux tiers des Français jugent que ça a été une bonne chose pour la France (66%) un tiers déclarent que ça a été une mauvaise chose pour le pays (33%).
• Plus précisément, les retraités (72%) et les cadres (71%) y voient davantage une bonne chose que la moyenne des Français alors que les employés et ouvriers sont moins de 6 sur 10 à y voir une bonne chose (58%). Pareillement, les sympathisants du PS (86%) et de la droite (76%) estiment que l’entrée dans l’UE a été une bonne chose pour la France contre 59% des sympathisants des partis situés à la gauche du PS et seulement 22% des sympathisants du FN.

La Mémoire en héritage : devoir de mémoire et histoire familiale

A la question de savoir quels sont les meilleurs moyens pour entretenir la mémoire des grands évènements de l’Histoire de France, 81% des Français déclarent que c’est avant tout par les cours d’Histoire à l’école que cette transmission s’opère. 6 Français sur 10 jugent ensuite que les lieux de mémoire (61%) et les reportages et films à la télévision (58%) participent à l’entretien de cette mémoire.
Fort du succès de l’opération « la Grande Collecte » organisée en novembre 2013, proposant aux Français de numériser des documents familiaux relatifs à la Grande Guerre, nous ne sommes pas surpris de trouver en 4ème position la transmission de l’histoire familiale comme vecteur d’entretien de la mémoire (cité par 38% des Français). Ce vecteur de transmission est cité par plus de 40% des résidents des régions Pays de la Loire (49%), Alsace-Champagne-Ardenne-lorraine (47%) et Normandie (46%). Les livres et magazines (25%) et les commémorations officielles (24%) ont enfin été cités par un quart des Français.

Plus spécifiquement, plus de 4 Français sur 10 déclarent avoir déjà réalisé des recherches sur la généalogie de leur famille, proportion qui s’élève à 1 sur 2 auprès des résidents des régions Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (52%), Centre (51%), Bourgogne-Franche-Comté (49%), Nord-Pas-de-Calais-
Picardie (49%) et Alsace-Champagne-Ardenne-lorraine (47%). Si 59% n’ont pas encore entrepris de telle démarche, 44% se disent pourtant intéressés par ce type de recherches.

L’Histoire à l’école : une discipline appréciée par les trois-quarts des Français

1er vecteur d’entretien de la mémoire des grands évènements historiques pour les Français, l’enseignement de l’Histoire est, de plus, un agréable souvenir pour une majorité de Français. 76% des Français déclarent avoir apprécié leurs cours d’Histoire à l’école, dont 41% beaucoup.
• Bien que majoritaire, l’enthousiasme des 18-34 ans (72%) est moins marqué que celui des 35-64 ans (76%) et des 65 ans et plus (81%).

Au-delà de cet aspect très personnel, les Français jugent que l’Histoire devrait être davantage enseignée à l’école. Si les opinions sont partagées quant à savoir si l’Histoire est suffisamment enseignée au collège (oui : 48% contre non : 49%), 54% des Français jugent que cette discipline n’est pas suffisamment enseignée en primaire et au lycée.


Par Guillaume Inigo, BVA Opinion

(Sondage réalisé par BVA pour Presse Regionale)
Publié le 5 mars 2016 dans la Presse régionale

 

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